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Vladimir Jankélévitch, vie




1903 :      Naissance à Bourges, le 31 août.
      Etudes primaires à Bourges puis à Paris : lycée Montaigne, Louis-le-Grand.
      Etudes russes à l'Ecole des langues orientales.

1922 :      Entrée à l'Ecole normale supérieure.

1923 :      Première rencontre avec Bergson : début d'une série de rencontres et de correspondance entre eux. Début également d'une amitié et d'une correspondance avec L. Beauduc, son cothurne à l'Ecole normale, qui se poursuivra pendant cinquante ans. Cf. Une vie en toutes lettres.

1924 :      Diplôme d'Etudes supérieures sur Le Traité : la dialectique. Ennéade I 3 de Plotin, sous la direction d'Emile Bréhier. Cet ouvrage vient de faire l'objet d'une édition récente (cf. bibliographie).
      Parution du premier artcile : " Deux philosophes de la vie : Bergson et Guyau ".

1924-1925 :       Préparation à l'Ecole normale supérieure.

1925 :      Publication de, " Les Thèmes mystiques de la pensée russe contemporaine ", et de, " Georg Simmel, philosophe de la vie " (repris en avant-propos dans G. Simmel, La Tragédie de la culture et autre essai).
      Le jeune philosophe voue une admiration à Bergson et à Simmel qui ne se démentira jamais

1926 :      Reçu premier à l'agrégation de philosophe.

1926-1927 :      Service militaire.

1927 :      Professeur à l’ Institut français de Prague.

1928 :      Publication de l'important article : " Signification spirituelle du principe d'économie ", puis de
" Prolégomènes au bergsonisme " (chaque texte fait l'objet d'un échange de vues approfondies).
      Participe à une décade sur le temps à Pontigny où l'invite Paul Desjardins, " ce fabricateur de charmes ".

1929 :      " Bergsonisme et Biologie ", texte où il s'affirme vitaliste.
      Premier article sur la musique : " Franz Liszt et les étapes de la musique moderne ". Choix du sujet de sa thèse complémentaire sous la direction de Léon Brunschvicg : Nature et signification du remords.

1930 :      Il met la dernière main à son Bergson tout en rédigeant sa grande thèse sur Schelling.

1931 :      Parution du premier livre : Henri Bergson. Livre apprécié par Bergson qui lui offre un avant-propos, fait assez rare pour être noté.

1932 :      Départ de Prague " avec une certaine mélancolie dans le cœur ".

1933 :      Publication de l'article sur " Les deux sources de la morale et de la religion d'après Bergson ".
      Soutenance et parution de ses thèses de doctorat : L'Odyssée de la conscience dans la dernière philosophie de Schelling, répond à son désir de faire une halte respectueuse chez le philosophe où il nous dit " se sentir bien dans une pensée dont le centre est l'intuition des réalités complètes et totales et où la Nature y est toute spirituelle ".
      Sa thèse complémentaire : Valeur et signification de la mauvaise conscience, l'amène à penser l'homme comme être moral.
      Bref passage comme professeur au lycée de Caen.
      Nomination au lycée du Parc de Lyon pour assurer la classe de khâgne.

1934 :      Il contracte la seule affiliation politique de sa vie (Front populaire) pour faire face au danger que le " fascisme, la brutalité et l'esprit totalitaire font courir à la pensée ".
      Communication à Pontigny sur " La justice ".
      Rédaction des programmes des grands concerts hebdomadaires. On notera la place de la musique dans la vie du jeune professeur.

1936 :      Parution de l'Ironie ou la Bonne Conscience. Nomination à la faculté de Toulouse.

1937 :      Début de la rédaction du Traité des vertus.

1938 :      Premier livre sur la musique : Gabriel Fauré et ses mélodies.
      Parution de L'Alternative.
      Nommé professeur à la faculté des lettres de Lille.

1939 :      Parution du Ravel.
Installation au 1, quai aux Fleurs, où il demeurera jusqu'à la fin de sa vie.
Publie trois articles sur " L'ipséité ", " La méchanceté " et " Le mal ". (Le livre du même nom ne paraîtra qu'en 1947).
Participation à la Décade de Pontigny sur " La destinée ".
      Mobilisation à Massy-Palaiseau.

1940 :      Séjour de deux mois à l'hôpital de Marmande après avoir été blessé à Mantes
      Rédaction d'un essai sur Le Malentendu que l'on retrouve dans la 2e partie du Mensonge (1942).
      Il rejoint Toulouse où il est révoqué à la fin de l'année parce que non français à titre originaire. La guerre va jeter cet universitaire brillant dans un trou noir, et les traits du jeune philosophe, esquissés avant guerre, se forgeront dans l'épreuve pour ne plus changer.

1941 :      Participation à la Résistance. Il professe dans les cafés où notamment il fait son premier cours sur la mort. Décès de Bergson.
      Jean Cassou, son beau-frère, est emprisonné par la Milice pour fait de Résistance. Pillage de l'appartement familial, 53, rue de Rennes. Sa bibliothèque musicale disparaît.

1942 :      Parution du mensonge et du Nocturne, grâce à d'anciens étudiants du lycée du Parc de Lyon : P. Grappin, F. Guillot de Rode et L. Faucon. Le Nocturne leur est dédié.
      Autant de textes surgis de sa vie souterraine dont la publication est un éclair dans la nuit.

1943 :      Publication de l'article : " De la simplicité ", écrit en hommage à Bergson dans les Cahiers du Rhône. Rédaction du Traité des vertus en lisant les Pères de l'Eglise, saint Jean de la Croix, Plotin, Gracian et tant d'autres…

1944 :      A la mort de son maître, Léon Brunschvicg, à Aix-les-Bains, il avoue tristement : " sans doute n'ai-je pas assez aimé Descartes ", et se reproche son goût pour une certaine forme de romantisme.
      A la libération, il accepte la direction des émissions musicales de Radio-Toulouse-Pyrénées. Organise des concerts et rédige les programmes musicaux. Mais il demeure une faille que rien ne pourra combler. Il nous dit " ressentir l'obligation de prolonger en lui les souffrances qui lui ont été épargnées.

1945-1946 :      Rédaction et fin du Traité des vertus, ouvrage salué par Alain comme ayant le " pouvoir de rendre la conscience transparente à elle-même ". Conférences en Algérie, au Maroc, en Tunisie.

1946-1947 : Il retrouve son poste de professeur à la faculté des lettres de Lille en octobre 1947.

1947 :      Leçons au Collège philosophique et publication du Mal.
            Mariage à Alger.

1949 :      Parution du Traité des vertus (dix ans après le début de sa rédaction), et de Debussy et le mystère.

1950 :      Mort de sa mère.

1951 :      Nommé professeur à la Sorbonne, à la chaire de philosophie morale où il prend la succession de René Le Senne.

1952 :      Mort de son père, le docteur S. Jankélévitch, premier traducteur en français de Freud, et traducteur de nombreux livres de Hegel, W. Pater, B. Croce… " Mon père, disait-il, est dans les livres qu'il m'a laissés et dans la pensée qu'il m'a léguée… "
      Il entre à la Sorbonne.

1953 :      Naissance de sa fille Sophie.

1954 :      Philosophie première. Introduction à une philosophie du " presque ". Unique ouvrage de métaphysique. Il est dédié à la mémoire de son père.

1955 :      La Rhapsodie, verve et improvisation musicale.

1956 :      L'Austérité et la vie morale.

1957 :      Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien.

      Préparation de la réédition du Bergson à l'occasion du centenaire de la naissance de Bergson.

1960 :      Le Pur et l'impur.

1961 :      La Musique et l'ineffablec:and settingsdocumentsweb creator 4 pro

1963 :      enseigne également à l'université libre de bruxelles comme professeur visiteur. l'aventure, l'ennui, le sérieux.

1965 :      docteur honoris causade l'Université libre de Bruxelles.
      Parution de l'article : " L'imprescriptible " dans le journal Le Monde. Texte incontournable où il se veut garant de la mémoire de ceux qui ont été exterminés et ne sont plus là pour se défendre.
      Il manifeste pour de nombreuses causes tant il est vrai que, lorsque les écrits ne suffisent plus, " il y a la rue pour crier son indignation, sa conviction, son espoir ".

1966 :      La Mort.

1967 : Le Pardon.

1968 :      Réédition du Traité des vertus, t. 1 : " Le sérieux de l'intention ". Pendant les évènements de Mai 1968 il joue un rôle important parmi les étudiants.

1970 : Traité des vertus, t. 2 : " Les vertus et l'amour ".

1971 :      Pardonner ? Ce texte atteste combien est important au cœur de cet homme le mystère de l'indicible souffrance d'Israël. Refuse toute banalisation du mal absolu.

1972 :      Traité des vertus, t. 3 : " L'innocence et la méchanceté ".

1974 :      L'Irréversible et la nostalgie. Reprend certaines thèses développées dans La Mauvaise Conscience.
      Fauré et l'Inexprimable : ce livre inaugure une série intitulée " De la musique au silence " destinée à regrouper tous ses ouvrages sur la musique. Seuls trois titres paraîtront. Comme des respirations entre deux textes philosophiques apparaissent des morceaux de " temporalité enchantée " inspirés par ses compositeurs favoris.

1975 :      Défense de l'enseignement de la philosophie au lycée. Il manifeste par l'écrit et par la parole sa solidarité aux Etats Généraux de la philosophie.
      Il prend sa retraite de la Sorbonne mais conserve un séminaire de doctorat.

1976 :      Debussy et le mystère de l'instant, deuxième tome : " De la musique au silence ".

1978 :      Quelque part dans l'inachevé, en collaboration avec B. Berlowitz. Il prend un grand plaisir à la rédaction de ce livre où il laisse transparaître ses sentiments personnels.

1979 :      Retraite définitive.
      Liszt et la Rhapsodie. Essai sur la virtuosité, dernier tome " De la musique au silence ".

1980 :      Mort de son ami Louis Beauduc. Leur correspondance fera l'objet d'une parution en 1995 sous le titre Une vie en toutes lettres.
      Réédition de Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien en trois volumes au Seuil. 1. " La manière et l'occasion " ; 2. " La méconnaissance " ; 3. " La volonté de vouloir ". Le chapitre sur la méconnaissance est nouveau et reflète peut-être l'état d'esprit de celui qui connut de longues galères éditoriales ! Pourtant, à ce moment, il était au fait de " sa jeune gloire " comme il la nommait ironiquement.

1981 :      Le paradoxe de la morale. Ce dernier livre de philosophie s'inscrit dans le droit fil d'une réflexion ininterrompue depuis 1923.

1983 :      La présence lointaine, Albéniz, Séverac, Mompou.

1984 :      Parution de Sources : premier recueil de textes.

1985 :      Mort le 6 juin à son domicile parisien. Enterrement au cimetière de Châtenay-Malabry où reposent ses parents.


© Françoise Schwab